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les propositions polémiques de Valls et Hamon

January 20, 2017

Les deux candidats se sont attaqués frontalement à un totem de la médecine libérale : la liberté d’installation.

Le Monde
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Limitation de la liberté d’installation des médecins libéraux, fin des dépassements d’honoraire, création de « dispensaires »… En matière de santé, et notamment de lutte contre les déserts médicaux, plusieurs candidats à la primaire de la gauche n’ont pas hésité à faire des propositions en rupture avec la politique menée depuis 2012, quitte pour cela à braquer les professionnels de santé libéraux.

Benoît Hamon et l’ancien premier ministre Manuel Valls se sont ainsi attaqués frontalement à un totem de la médecine libérale : la liberté d’installation. Un point sur lequel la ministre de la santé Marisol Touraine n’a pourtant cessé d’apporter des gages depuis bientôt cinq ans aux praticiens libéraux.

« Le gouvernement n’a jamais eu et n’a pas la moindre intention de remettre en cause ce principe important pour la médecine française », promettait-elle en novembre 2012. Pour lutter contre les déserts médicaux, où vivent près de 2,5 millions de Français, la ministre a misé ces cinq dernières années sur le développement des maisons de santé pluridisciplinaires et l’octroi de primes et de bourses aux jeunes médecins volontaires.

La question de la liberté d’installation des médecins

Partisan de cette politique lorsqu’il était à Matignon, Manuel Valls a durci son discours depuis qu’il est candidat. « Au vu des difficultés actuelles, nous n’avons plus d’autres choix que de limiter cette liberté d’installation », a-t-il annoncé sans plus de précisions dans Le Parisien le 9 janvier, en se prononçant également pour la suppression du numerus clausus dans les facultés de médecine. Pour inciter les médecins à s’installer dans les déserts médicaux, Benoît Hamon propose, lui, de ne plus conventionner les praticiens qui voudraient s’installer dans des zones déjà surdotées, ce qui priverait leurs patients des remboursements de l’assurance-maladie. « C’est déjà le cas pour les kinés, c’est applicable pour les médecins », a-t-il rappelé jeudi 19 janvier.

« Quelqu’un peut-il dire où il y aurait trop de médecins en France ? », a interrogé jeudi l’ancien député PS et co-rapporteur de la loi santé Olivier Véran.

« Faire de la coercition plutôt que de l’incitation ? Je leur souhaite bien du plaisir. A chaque fois qu’un gouvernement a voulu le faire, il a immédiatement eu les médecins et les internes dans la rue, ce serait contre-productif », assure Claude Pigement, ancien responsable santé du PS, qui avait initié la proposition du tiers payant généralisé lors de la campagne de François Hollande en 2012. « Heureusement que Manuel Valls n’a pas été premier ministre car nous aurions dégusté avec lui ! », ironise Claude Leicher, le président de MG France, le premier syndicat chez les généralistes. Dans le Quotidien du Médecin, le responsable syndical dénonce la « démagogie politique poussée à l’extrême du candidat socialiste ».

Pour lutter contre les déserts médicaux, Vincent Peillon propose plus classiquement d’inciter 20 000 médecins remplaçants à « exercer dans ces zones par des exonérations de cotisations et d’impôts » et « de permettre le développement de la télémédecine par un financement adéquat ». Arnaud Montebourg propose, lui, de « salarier des médecins » au sein de « dispensaires » créés par la Sécurité sociale dans les locaux des maisons médicales construites par les municipalités.

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Les dépassements d’honoraires

Si plusieurs candidats restent silencieux sur la question des dépassements d’honoraire, qui s’élèvent aujourd’hui à 2,8 milliards d’euros chez les médecins, Manuel Valls propose d’y mettre fin via une « convergence progressive vers un tarif unique et opposable » entre médecins des secteurs 1 et ceux du secteur 2, où les honoraires sont libres. La question des dépassements d’honoraires avait été le premier chantier ouvert par Marisol Touraine en 2012, pour un résultat finalement mitigé.

La mise en place du contrat d’accès aux soins, un dispositif à travers lequel les professionnels acceptaient de geler leurs honoraires en échange d’une prime financière de la « Sécu », a permis d’enrayer une hausse du montant des dépassements d’honoraires ininterrompue depuis de longues années.

La CSMF, le premier syndicat chez les médecins libéraux, rappelle aujourd’hui que ces dépassements ne sont que « la réponse au désengagement de l’assurance-maladie dans le remboursement des soins, en particulier dans certaines spécialités » et qu’ils sont aujourd’hui « indispensables au maintien de certaines spécialités médicales en ville ».

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