Health

Un réseau de faux médicaments devant le tribunal correctionnel de Marseille

March 20, 2017

Au cours des seuls quatre premiers mois de 2007, les deux prévenus auraient acheminé depuis la Chine plus de quatre tonnes de médicaments contrefaits. Un marché en plein essor.

Un policier se déplace sur un monceau de médicaments contrefaits saisis à Pékin en mars 2013.

« Epidémie silencieuse », « pandémie globale » attisée par Internet… Fabricants et autorités sanitaires alertent régulièrement sur une criminalité pharmaceutique en plein essor. Un médicament sur dix vendus dans le monde est une contrefaçon, une activité 10 à 25 fois plus lucrative que l’héroïne ou la fausse monnaie, affirme le laboratoire Sanofi, se référant à une étude de l’Institut de recherche anti-contrefaçon de médicaments (Iracm). Le manque à gagner pour l’industrie pharmaceutique en Europe est évalué à 10,2 milliards d’euros par an, selon un rapport de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) publié en 2016.

Pas étonnant donc que le laboratoire français Sanofi et son homologue américain Eli Lilly se soient constitués partie civile dans le procès qui devait s’ouvrir lundi 20 mars devant le tribunal correctionnel de Marseille, second pôle judiciaire de santé publique en France.

Acteurs présumés d’un réseau parallèle responsable de l’introduction en Europe entre 2006 et 2009 de médicaments falsifiés fabriqués en Chine, Arnaud Bellavoine, 47 ans, gérant de fait d’une société offshore sur l’île Maurice, et Catherine Koubi, dirigeante de la société niçoise de courtage Keren SA, comparaissent pour une série d’infractions. Ils doivent répondre au premier chef de tromperie aggravée par le danger qu’ils auraient fait courir aux patients.

Au cours des seuls quatre premiers mois de 2007, ils auraient acheminé depuis la Chine plus de quatre tonnes de deux médicaments dépourvus de principe actif ou grandement sous-dosés, voire remplacés par du sucre. Les prévenus auraient ainsi revendu à des distributeurs grossistes de la chaîne d’approvisionnement de l’Union européenne de grandes quantités de contrefaçons de Plavix (un produit développé par Sanofi-Aventis, indiqué dans la prévention des risques cardio-vasculaires) et Zyprexa (fabriqué par l’américain Eli Lilly, il est prescrit contre la schizophrénie et les troubles bipolaires).

M. Bellavoine avait déjà fait l’objet de poursuites en Angleterre. En 2002, il avait ainsi été inquiété dans l’affaire Glaxo, la réexportation vers l’Europe d’antirétroviraux, vendus en Afrique à un prix réduit de 90 % via des ONG

Tout débute à Genève, en juin 2009, dans les entrepôts sous douanes d’une société de transport aérien. Cinq mille boîtes de contrefaçons de Plavix et 10 000 boîtes de Zyprexa sont saisies. L’enquête dirigée par la juge d’instruction…

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